Kumo No Kuma : l’ours araignée

Raku

Pour cette galerie, j’ai choisi le nom totémique d’Ours-Araignée : Kumo no Kuma. L’emprunt au japonais est lié au raku, cet art japonais du bonheur dans le hasard pour lequel je suis « tombée en amour », comme disent nos amis du Québec. Le raku est la forme d’art qui, pour l’instant, me permet au mieux de me réaliser et je me sens, depuis toujours, infiniment proche des philosophies, de la culture et des moeurs japonaises.

Totems

Si je fais appel aux animaux-totems, c’est qu’il y a quelque chose d’animal dans la création, d’instinctif, de naturel. Ce lien avec la Nature, c’est ce qui me fascine et me porte en même temps. Le travail de la terre, en particulier. Tous les éléments sont convoqués : la terre qu’on modèle, l’eau qui la rend malléable, l’air qui la sèche et le feu qui la pétrifie.

Je ne m’identifie pas à un animal. Je ne suis que trop consciente de ma nature humaine, mais si tant de cultures se basent sur des liens métaphysiques entre les animaux et les hommes, c’est qu’il est vital, pour nous, de nous rattacher à ce qui fait de nous des éléments de la Nature. Rien de plus naturel que de revenir à la Nature !

Reconnaître la part animale qui est en nous, c’est appartenir légitimement au monde qui nous entoure. Pas seulement au monde social, construit, artificiel qu’est celui des hommes et des femmes, mais au MONDE plein et entier, celui dont nous ne sommes qu’une part infime, celui qui nous dépasse, nous avale par son immensité, mais qui s’inscrit aussi dans chacune de nos cellules, qui nous constitue en tant qu’être humain, produit du monde, réduit au monde.

L’ours – KUMA

L’Ours (Kuma) est mon animal totem. Aussi bien dans sa symbolique de force que dans son rôle social de guérisseur et d’enseignant. Il est aussi et surtout emblématique d’une connexion, d’une harmonie totale avec la Terre : il vit et trouve le repos en son sein. Je peux clairement me reconnaître là-dedans, de même qu’en son besoin d’isolement, d’indépendance, de méditation.

Chaque aspect symbolique de l’ours est également en accord avec ma façon d’envisager la création artistique : force, harmonie avec la Terre, introspection, transmission, (ré)génération.

L’araignÉE – KUMO

A cet animal-là, il me fallait associer l’araignée. D’abord pour son travail de patience, tout en finesse, par pure opposition au travail de force de l’ours. La complémentarité des contraires, c’est la base. C’est ma base. J’aime l’idée de fragilité de la création et le côté éphémère de l’animal. Mais l’araignée prend aussi tout son sens dans la culture japonaise. Phonétiquement, le mot Kumo représente à la fois l’araignée et le nuage, avec cette idée de légèreté et de flottement qui les unit. Mais à l’écrit, « Kumo » associe le kanji de la couleur rouge/vermillon, symbole du sang et de la vie dont se nourrit l’araignée, le kanji de la connaissance, qui fait de l’araignée un animal malicieux, et le kanji de l’insecte.

L’araignée est aussi ma plus grande phobie, sans grande originalité, je le crains… Elle est celle que je dois apprivoiser, celle qui me pousse à me dépasser.


Avatar de Eloïse

Laisser un commentaire