Will One

A ce jour (le 20/10/23), Will One est mon petit chouchou, ma création préférée, ma… « créature ».

Même si je n’ai jamais particulièrement apprécié la littérature de science-fiction (ou le cinéma, d’ailleurs), je connais mes classiques. Et depuis quelques années, mon horizon littéraire s’est ouvert sur l’univers fascinant de la BD et du Manga.

Les représentations, tant littéraires qu’illustrées de ces formes humanoïdes robotisées, me fascinent. Au-delà des récits d’anticipation qui les portent et qui me dépriment, c’est le traitement de ces non-personnes mais sur-machines qui m’interpelle.

D’où nous vient cette obsession de donner à des créations mécaniques, robotiques, des traits humains ? Pourquoi s’entêter à donner à des machines des comportements, des attitudes, des expressions faciales ou des mouvements corporels humains ? En quoi est-ce une nécessité ?

J’ai dévoré, récemment, le très inspiré « Carbone & Silicium », de Mathieu Bablet, et en travaillant à la série de Ceux qui restent, je pensais également à ce qui reste de nous, cette toute petite part d’humanité en nous, qui finalement survit peut-être mieux quand elle est factice, mimétique, moins soumise aux instincts, à la violence des sentiments, aux crises politiques, économiques, psychologiques et sociales qui nous traversent. Cette petite part d’humanité qui au lieu de nous rassembler, nous divise à la moindre occasion.

Alors cette tête de robot défaillant, je la regarde comme ce qui reste d’une humanité qui s’ignore, mais qui tente désespérément de transmettre la meilleure part d’elle-même à ses créations. Cette humanité qui use de sa technologie pour créer des batteries robotisés de domestiques, façonnés à son image, sans mesurer son propre asservissement à cette technologie.

C’est un mélange de paradoxe, d’absurde, d’artifice inutile, mais aussi d’indulgence, de clémence envers cette espèce humaine qui n’en finit pas de se perdre en se cherchant. Il y a matière à espérer, à croire, à vouloir, à être, à travers ces figures métalliques dans lesquelles on cherche à reproduire et à reconnaître la meilleure part de nous-même : notre humanité.

Etape 1 : Sculpture et modelage

Mon étape préférée ! Une étape de patience et d’ouverture. La terre a des choses à raconter, les mains aussi. Chaque pièce est une histoire partagée, en harmonie avec la matière.

Pour créer cette tête, il m’a fallu deux jours d’atelier, soit environ 12 heures de travail.

Etape 2 : la première cuisson

C’est l’étape qui rassure : la terre a blanchi, elle s’est solidifiée, elle ne changera plus de forme. Le reste, c’est une question de goûts et de couleurs…

Etape 3 : émaillage

C’est (pour moi) la pire étape. La détestation totale. L’angoisse et le calvaire.

L’angoisse, parce que c’est l’étape la plus hasardeuse : si je connais maintenant les émaux que j’utilise, j’ai toujours peur qu’ils soient trop épais, ou pas assez, ou pas purs… Tout peut arriver, surtout le pire.

Le calvaire parce que c’est insupportable à appliquer : il n’y en a jamais assez pour tremper, ça fait plein de coulures quand on verse, et il faut compléter à la poire… Et il faut nettoyer pendant des heures… SANS FAIRE SAUTER L’ÉMAIL !

ETAPE 4 : deuxième cuisson et passage au raku

Ma deuxième étape préférée ! Parce que le raku, c’est féérique. J’ai toujours un peu peur de ce qui va sortir, mais jusqu’à présent, la magie a opéré. Cette fois, l’émail « bleu canard » que j’ai déjà utilisé sur Hoplie s’est merveilleusement oxydé, ce qui a donné à Will One cette teinte métallique cuivrée qui lui va si bien !

Etape 5 : Finition patine cuivrée

Si les photos, prises de nuit à l’étape précédente, ne permettent pas de prendre la pleine mesure du bel irisé cuivré de Will One, cette dernière étape nous le montre sous un jour bien plus avantageux !

La patine cuivrée n’a été appliquée que sur les zones non-émaillées.

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