Ours dansant n°1

J’admire les gens qui sont souvent fiers d’eux, car ce n’est que très rarement mon cas. Cette semaine, je peux dire que je suis particulièrement fière de mon travail et de son résultat. Je vous présente mon premier OURS DANSANT (oui, oui, cela laisse supposer qu’il y en aura d’autres…)

C’est une sculpture réalisée en marbre jaune de Sienne, dans l’atelier de Tiziano, toujours, à Mougins.

Pour la petite histoire, j’ai eu la chance de voyager, plusieurs fois, au Canada. J’y ai découvert l’art inuit, et ses sculptures remarquables, en Serpentine. En mai de cette année 2024, j’ai visité la galerie Images Boréales à Montréal, une galerie entièrement consacrée aux sculptures inuits. Je n’en avais jamais vu autant réunies, même en musée canadien. Mon oeil s’est arrêté – pour une bonne heure – sur une oeuvre remarquable, haute de plus de cinquante centimètres, réalisée par le sculpteur Ashevak Adla. Il s’agissait d’un ours dansant en serpentine très sombre, quasi noire. La pierre avait des veines extraordinaires et des incrustations cristallines, typique de cette pierre, à couper le souffle.

L’art inuit s’inspire exclusivement du lien entre l’Homme et la Nature, et plus spécifiquement du lien entre l’Homme et l’animal, puisque les inuits croient en une réincarnation animale. L’ours est un totem puissant et bienveillant, aussi la plupart des inuits espèrent-ils se réincarner en ours. La légende veut que, lorsqu’ils y parviennent, ils dansent de joie ! C’est pour cela qu’on trouve de nombreuses sculptures d’ours dansants, et parmi les dizaines de ses pairs qui étaient exposés dans cette galerie, celui d’Ashevak Adla se détachait, à mes yeux, très distinctement des autres. C’était comme s’il m’avait reconnu, ou si je m’étais reconnue en lui. Ses lignes étaient pures, courbes heureuses, fortes, et… parlantes. Elles m’ont parlé, ça c’est sûr !

Si j’en avais eu les moyens, je n’aurais pas quitté Montréal sans cet ours. Il aurait été mon compagnon de route et de vie, jusqu’à ce qu’à mon tour, je puisse me réincarner en ours dansant ! Mais de basses réalités financières m’ont contrainte à lui faire mes adieux. Toutefois, grâce à la très gentille galeriste – que je remercie mille fois ! -, j’ai pu l’observer très longuement et le photographier. Je savais que mon niveau en sculpture ne me permettrait pas de le « reproduire », et ce n’était bien évidemment pas le but, mais au moins de m’en inspirer.

La version que je vous propose ici est plus douce et plus chaude. Les lignes sont moins marquées, les détails atténués. La beauté obscure et froide – mais non moins magnifique -, scintillante et acérée de la Serpentine, a mué. Les nervures et nuances du jaune de Sienne habillent ardemment mon ours : la magie du marbre opère ! Les photographies ne lui rendent pas justice et certains détails ne sont visibles qu’à l’oeil, comme ces petites incrustations qui semblent métalliques… une sorte de pyrite, peut-être.

J’en suis très TRÈS heureuse. je vous laisse découvrir l’oeuvre d’Ashevak Adla, ainsi que les étapes de création de la bête…

Ours Dansant par Ashevak Adla, artiste sculpteur inuit, vu à la galerie Images Boréales de Montréal en mai 2024.

Hauteur 50-55cm

Pierre : Serpentine

Pour réaliser cette sculpture, plus de taille directe… Cette fois, j’ai réalisé un modèle en terre, ainsi que les dessins des gabarits qui m’auront permis de ne pas me perdre en route !

Il m’aura fallu en tout près de 4 mois, à raison de 2 à 3 demi-journées de travail par semaine, pour achever cet ours. Pour mieux en appréhender les formes, je suis également passée par quelques créations en terre, en cuisson raku, chez Marina :

J’ai adoré passer ces quelques mois à travailler sur mon totem, et j’y reviendrai bien vite, sous d’autres formes, d’autres couleurs, d’autres danses !


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