Je choisis de nommer cette série de têtes » Ceux qui restent« , en référence et hommage à Claude Ber, poète contemporaine que je ne cesse de lire et de redécouvrir. Dans son recueil La Mort n’est jamais comme, elle publie ce magnifique poème (« Ce qui reste »), dont je vous livre un extrait en fin d’article.
J’ai, à un moment, hésité à les appeler : « Les gardiens de la galaxie », mais le nom était déjà pris… 😉
Ils sont trois, pour l’instant, et ce sont, avec Lazuli, mes premières têtes. Il n’y a, pour moi, rien de plus fascinant que le modelage d’une tête. Au-delà de la technique, des proportions, de l’expression, qui requièrent patience et méticulosité, il y a quelque chose d’improbable dans le fait de, presque brusquement, faire connaissance avec le visage que nos doigts modèlent.
Je vous présente donc, « ceux qui restent », ou ce qui reste une fois que la terre, amoncelée, déformée, reformée, retranchée, affinée, lissée, grattée, creusée… ce qui reste de terre, et ce qui reste de moi.
Extrait de « Ce qui reste », de Claude Ber, dans La mort n’est jamais comme :
…
De toute façon ce qui reste, je l’entends ceux qui restent
écoutant ta mort dans les mots
qui ôte parole à la parole
et ce qui reste quand on est de ceux qui restent et soi-même ce qui reste
est tellement rien de la parole
absence de langue dans cette absence qu’est déjà la langue
trou dans un trou
que
les mots disant ce vide et cette absence les comble
comme
les pelletées de terre comblent la tombe
et les mots qui restent emplissent ma bouche
comme
la terre emplit la tienne
…
J’ai déjà publié ces vidéos, mais je vous laisse découvrir ou redécouvrir les étapes de fabrication de « Ceux qui restent » :



















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